“Les exemples des Saints, d’après la comparaison que Saint Augustin a pris du prophète David, sont pour nous comme de charbons ardents qu’avec leur lumière dissipent nos ténèbres, avec leur ardeur réchauffent nos tiédeurs et avec leur valeur nous convainquent de notre faiblesse.” (L’amant de Jésus-Christ. Barcelone 1848, p. 100).

EXEMPLARITÉ STIMULANTE DES SAINTS

Lorsque Claret écrit le chapitre XII de son Autobiographie, ayant comme titre “Des stimulations qui me poussaient à missionner, que ce fut l’exemple des prophètes, de Jésus Christ, des Apôtres, des Saints Pères et autres saints”, ne dessine pas les portraits de ces derniers mais le sien. Là, apparaissent les traits de sa spiritualité et de sa vocation missionnaire.

C’est curieux constater la sélection qu’il fait de ses modèles. Mais surtout, c’est surprenant que lorsqu’il choisit ceux avec lesquels il s’identifie le plus, les deux derniers n’ont pas été, encore, proclamé des saints. L’un c’est Frère José Diego de Cadix et l’autre le Maitre d’Avila. Les deux ayant le titre de “missionnaires apostoliques” titre que lui tellement ambitionnait.

Aujourd’hui la dévotion aux saints s’affaiblit. Sans doute à cause du pauvre soin qu’on a eu à l’heure de refléter leurs véritables valeurs religieuses, lesquelles ne sont-elles pas, précisément les œuvres extraordinaires. Les saints ne doivent pas être l’objet d’admiration, mais surtout d’imitation de l’imitable. Leur côté humain, parfois celui que les hagiographes observent le moins, peut devenir, pour tous, une poussée vers l’avant. Pourquoi eux et pas moi? Combien des saints ont-ils commencé leur chemin vers la sainteté en contemplant la vie d’autres saints?

Lorsque Claret achève l’exposé de ce chapitre de son Autobiographie, commence des exclamations à ne plus en finir et il rédige ce que plus tard va appeler “la prière apostolique”: “Ô mon Dieu et mon Père, faites que je vous connaisse et que je (vous) fasse connaitre; que je vous aime et que je vous fasse aimer; que je vous serve et je vous fasse servir; que je fasse en sorte que toutes les créatures vous louent” (Aut. 233).

Et nous ne pouvons pas oublier le monde de la sainteté féminine, à laquelle Claret lui dédie, pas moins que trois chapitres de son Autobiographie. Elles marquent un modèle de sainteté avec lequel aussi bien les hommes que les femmes nous pouvons nous identifier.