Mn. Josep María Armesto Miró, un parmi les prêtres de la paroisse de Santa María, de la ville de Castelldefels (Barcelone- Espagne), nous a envoyé une précieuse relique. Lui mème nous raconte le motif et l’histoire de ce Crucifix. Le texte de Mn. Armesto est écrit originairement en catalan, et nous conservons aux Archives du CESC (Vic) les deux feuilles de sa lettre tout comme le Crucifix encadré.

Nous nous trouvons en pleine crise de la pandémie du coronavirus, écrit-il dans sa lettre, Mn. Armesto, nous expliquant le motif du cadeau. Craignant rester contaminé et mourir, et qu’à cause de ceci pourrait s’égarer le dit Crucifix, et ainsi perdre son importance historique, ce prêtre a décidé l’envoyer lui-même directement aux Clarétains de la Maison Mère de Vic. Ainsi il est assuré qu’il aura l’attention et vénération qu’il mérite. C’est ainsi comme il nous raconte l’histoire de la relique et comment elle est parvenue de Claret jusqu’à ce prêtre, et de lui à nous.

Quant à l’histoire, Mn Amesto écrit textuellement:

«D.O.M. Cette image du Crucifix la portait Saint Antoine Marie Claret lors de ses prédications missionnaires. En 1849

[1], il se trouvait à la localité de Viladrau. Là l’accompagna dans ses visites aux malades des Masies (Fermes), où parfois il faisait des miracles avec des formules végétales. L’accompagnait un bon bûcheron de la Famille du mas Bofill. Ce bon homme le sauva d’une chute au carrefour de ‘Pregonés’; jusqu’à parvenir à la masia il le porta un certain temps sur son dos su moment de la maison le Père Claret, reconnaissant, il offrit  à la famille cette image du Crucifix auquel les voisins  eurent grande dévotion. Avec ce bon bûcheron il monta les bonnes gens de Viladrau à la Croix de Matagalls, qu’elle était en bois, et il la rénovée lorsque elle était endommagée par un orage quelconque. Plus tard elle fut rénovée par une en fer[2].

 En 1865, le bon prêtre et excellent poète, Mn. Jacint Verdaguer, se rendit à Viladrau avec Mn.  Jaume Collell (1846- 1932), depuis Vic et il écrivit un article sur «La Creu de Matagalls» pour la revue ‘La Veu de Catalunya’. Et Mn. Jacint Verdaguer, avec d’autres personnes et Mn. Jaume Collell, y montèrent pour installer une nouvelle croix bénite».

Mn. Armesto il poursuit racontant, que vers la fin du XIX siècle un groupe illustres d’écrivains catalans, collaborateurs de la revue «Il·lustració Catalana» visitèrent le monastère cistercien de Poblet. Parmi eux se trouvaient M. Antoni Gaudí (1852-1926) renommé architecte de la Basilique Sainte Famille de Barcelone, M. Teodor Llorente (1836-1911), M. Josep Balarí (1844-1904), M. Emili Vilanova (1840-1905), le renommé prêtre–poète Mn. Jacint Verdaguer  (1845-1902), et d’autres.

Mn. J. Verdaguer écrivit un article dans le journal «La Veu de Catalunya». Résultat de cet article fut une grandissante amitié avec M. Emili Vilanova i March, grand écrivain barcelonais. Mn. J. Verdaguer fut un grand ami et confesseur. Tellement, que se trouvant malade le prêtre poète, offrit ce Crucifix à M. E. Vilanova. À son tour avant de mourir le dit écrivain l’offrit à un Père capucin de Barcelone et en 1962 sa famille l’encadra dans un marc, qui fut rénové au bout de quelques années, d’après ce qu’il affirme dans sa lettre notre bienfaiteur. Finalement, Mn. Armesto écrit, tout en majuscules:

«Ce Crucifix je l’offre à la Congrégation des Pères Clarétains. Fondée par Saint Antoine M. Claret. Qu’ils le gardent, vénèrent, à cause d’avoir touché les mains du Saint et avoir prié devant Lui le bon prêtre et excellent poète Mn. Jacint Verdaguer et bien d’autres fidèles. À la gloire de la Sainte Trinité, la Mère de Dieu, Saint Joseph, saint Antoine M. Claret.

À Castelldefels, aujourd’hui 19 mars, 2020. Mn. Josep M. Armesto Miró, C/ Esglèsia 8, 08860 Castelldefels».

Et il conclut à la main: «En ces temps dont Dieu sait quand est-ce qu’ils vont prendre fin, je préfère  en vie offrir  cette chère relique aux PP. Clarétains. Union de prières. Cordialement. Mn. Josep M. Armesto Miró».

Le parcours historique de Crucifix est donc: Claret – famille Bofill (Viladrau) – Verdaguer – Vilanova – un Père capucin (Barcelone) et sa famille – Armesto – Cesc (Vic).

[1]Nous supposons qu’existe une erreur de transcription ou de transmission orale concernant l’année (1849) parce que le P. Claret se trouva à Viladrau en tant que Régent de la Paroisse San Martí depuis le mois de mai, 1840 jusqu’en janvier, 1841. C’est pourquoi la date la plus probable devrait être celle à l’intérieur de cette période.

[2] Une croix mise au sommet du Matagalls (Montseny) date depuis avant 1614. L’inclémence du temps exigeait que la croix en bois fusse rénovée de temps en temps. La tradition  affirme, tel comme le recueille  J. Verdaguer dans son écrit  La Creu del Montseny , que Claret  le fit avec les gens de Viladrau  avant de partir  à Cuba ( cf. J. VERDAGUER, Obres completes, Barcelona,  1964, 718) . Sur ce sujet, existent deux possibilités. La première que le fisse lors de la période au cours de laquelle  exerça le ministère en tant que régent de la paroisse  de Viladrau (1840- 1841); dans ce cas-ci ça dut être d’une manière cachée des autorités civiles, car elles étaient interdites toutes les manifestations  religieuses publiques en dehors du temple. La deuxième, que ce fusse lors de la visite d’au revoir qu’il fit au sanctuaire de San Segismond, sise dans le milieu massif du Montseny et appartenant à la paroisse de Viladrau, en août, 1850, étant donné que les lois civiles alors permettaient, déjà, ce genre d’activités religieuses.