Nous avons le plaisir d’annoncer  à toute la Famille Clarétaine et à tous ceux qui sont intéressés pour la figure de Saint Antoine Marie Claret (1807-1870) qu’il a, déjà sorti le deuxième volume de la collection «Urget». Le nom « Urget »  est extrait  du texte paulien dont  le P. Claret prit  comme divise  `de son armoirie épiscopale «Caritas Christi urget nos» (  2 Cor. 5,14). Le premier volume de la collection fut  l’ouvrage du clarétain  Carlos Sánchez Miranda : «Las misiones populares  delPadre Claret en Cataluña  entre 1840 et1850. Un camino  de evangelisazión  en tiempo de crisis» ( Les missions populaires du Père Claret à Catalogne entre 1840 et 1850. Un chemin d’évangélisation en temps de crise) (Éditoriale Claret , Barcelone 2019, pp. 403) . Dans ce même web on peut trouver la présentation  faite de  ce premier ouvrage lorsqu’il fut publié.

Le livre que nous présentons maintenant  est la Thèse  Doctorale  défendue  par le clarétain  P. José Mª  Hernández  Martínez à la Faculté  de Théologie de Grenade (Espagne) l’an 2018. Faculté , dont l’auteur y a déroulée  une longue et féconde carrière  d’enseignant. Voici le titre de l’étude : «Claret y el protestantismo  de su tiempo.  Una utopía de un encuentro imposible» ( Claret et le protestantisme de son temps. Une utopie d’une rencontre impossible) ( Éditoriale Claret , Barcelone, 2020, pp. 264).

Le P. Hernández   est né à Murcie (Espagne)  en 1952. Il émit  la profession religieuse  en 1968 et il fut ordonné prêtre en 1977. Plus tard il fit le Master  en Théologie Biblique à Grenade  et suivit des cours de spécialisation historico-dogmatique  à Rome. Entre 1981 et 2017 , conjointement avec d’autres tâches de formation et de gouvernement , il fut professeur de Sacramentologie , Scatologie et Œcuménisme à la Faculté de Théologie de Grenade. De plus il a enseigné, investigué et publié  différents études  sur des thèmes mariologiques. Dans le domaine de l’œcuménisme  il a eu une longue et féconde trajectoire, ayant été responsable des Relations Interconfessionnelles  au diocèse de Grenade et collaborateur  du Centre Œcuménique  de Madrid. Il a participé  à d’innombrables  rencontres interconfessionnelles en milieu national et international et publié  grand nombre d’articles dans de revues oeucuméniques. En janvier 2015 il fut invité   à présenter son témoignage personnel  à la Rencontre Interconfessionnelle de Religieux  organisée par le Vatican  à l’occasion  de l’Année de la Vie Consacrée.Depuis 2017 il exerce en tant que Curé de la Basilique du Coeur de Marie à Rome.

Ainsi donc,  étant un bon connaisseur  de l’histoire du P. Claret et du mouvement  théologique et œcuménique, le P. Hernández a réalisé  cette recherche  sur Claret  et le protestantisme chez l’Espagne  du XIX siècle. , une réalité profondément marquée  par la polémique  et l’apologie . En lisant  les textes  de ce temps-là  nous nous rendons compte  de combien a-t-elle changée la mentalité des ces années-ci, aussi bien de la part  catholique que la protestante et du chemin qu’il nous reste , encore,  à parcourir  afin qu’elle devienne réalité – comme le signale justement  le sous-titre  de l’ouvrage  – «l’utopie d’une rencontre impossible».

Après une vaste et précise introduction  (pp. 13-23) , l’ouvrage se divise  en trois chapitres : 1) Le protestantisme  dans la trajectoire historique de Claret (pp 25 102) ; 2) La pensée  de Claret au sujet du protestantisme (pp. 103 187); 3) Évaluation  et perspective (pp. 189 – 234). Suit une  bibliographie générale  très riche (pp. 235- 252)  et un vaste index  thématique. (pp. 257 – 261). Pour connaître les auteurs  qui auraient pu  influencer  l’attitude  adoptée par Claret , face au protestantisme  est très intéressante la bibliographie signalée  aux pp. 115-123, tout comme les conclusions  finales auxquelles  parvient Hernámdez après  son travail attentif (pp. 225 – 234) . Un  élément particulièrement  suggestif  est la présentation de cette « rencontre impossible » entre la ferveur  catholique  de Claret et la ferveur  protestante de Manuel Matamoros  (pp. 9 – 11 ; 216-224). On se rend compte  de la foi  ainsi que les convictions  menées jusqu’à  les dernières conséquences des personnages  profondément amoureux du Christ , mais depuis des perspectives opposées  et avec les limitations  propres de cette époque-là.  C’est important , aussi,  que tout au long de l’ouvrage  le lecteur lise avec attention  les continuelles, riches  notes accompagnant et illustrant le texte.  Comme le signale le présentateur  «Si quelqu’un ne s’arrête pas sur ces notes  il pourrait se perdre  une partie importante  de son travail exhaustif  de recherche» ( p. 11).

Aujourd’hui certaines expressions  de Claret  et de Matamoros  peuvent  paraître   pas mal dépassées .De la part catholique il est impossible ignorer  l’influence décisive   du Concile Vatican  II débouché de tout un processus précédent et avec des conséquences  qui ont marquées profondément l’ouverture  de la mentalité de l’Église Catholique . Mais ce n’est pas moins important  connaître comment   elle pensait et défendait  chacun la vérité  il n’y a pas encore bien de décennies. D’où l’intérêt  spécial de ce livre. L’auteur, lui-même, affirme  dans l’introduction  qu’il a voulu aborder le sujet  , en soi potentiellement polémique  et conflictuel,  «avec le regard de l’œcuménisme  actuel , lequel  essaie de purifier  les mémoires  guérissant les blessures  du passé , et en même temps,  bâtir une communion plus riche  et intégrante  à travers du mutuel échange  de dons.  En particulier, nous souhaitons  contribuer  à cette nécessaire purification  de la mémoire historique,  dont parlait le  Pape Jean Paul II dans l’encyclique «Ut unum  sint ( 1995,  n. 21)» (p. 15).

En fin, , un exemple   du progrès œcuménique  mené à bout  dès le XIX s., au XXI s., celui que  la «présentation»  du livre (pp. 9-12) a ´été écrit par   Alfredo  Abad Heras , Pasteur de l’Église évangélique Espagnole et Président  de la Commission  Permanente.  Dans ses références à l’auteur  du livre  nous trouvons des expressions  de grande affection  et appréciation : «D’après moi, Pepe Hernández a toujours été , ami, frère et compagnon dans le  ministère  réalisé pendant des années  à la ville de l’Alhambra» (p. 9) «mon frère Pepe» (p. 10) «bon clarétain et bon professeur» (p.11)— «Ce travail  que nous présentons – affirme le Pasteur Alfredo –  constitue  un pont ‘utopique’  entre deux figures  uniques  du catholicisme et du protestantisme  de la seconde moitié du XIX s.,  espagnol»  (p. 9) . Et nous pouvons conclure , aussi avec ses mêmes mots : «Aujourd’hui, Dieu merci,  nous nous trouvons avec d’autres registres  et nous pouvons nous regarder  avec respect  partageant nos  expériences spirituelles , différentes,  mais  convergentes en Christ» (p.12) .

Lire le livre (en espagnol)